Libres ensemble
Evoquant les gens du cirque, on parle souvent de saltimbanques pour décrire des personnes assez instables et pas très sérieuses dans leur rapport à la vie, censée être, elle, très sérieuse. Les gens du cirque sont souvent des « SDF », marqués par la bougeotte et les changements de lieux constants. Ils aiment le cirque pour ça, pour les changements permanents que cette vie leur procure, rompant sans cesse la monotonie du traintrain de la vie sédentaire. Ce sont des nomades qui parcourent le monde de villes en villes pour l’amour du spectacle à produire chaque jour pour un nouveau public. Ils ont une forte culture du changement qui les affranchit de repères fixes et leur permet de ne pas s’attacher au passé : chaque jour est un jour nouveau et hormis leur art et leur famille ils ont peu d’attaches ; la liberté est leur moteur, ils sont libres et les hommes libres ont toujours fasciné en même temps que dérangé ceux qui ne le sont pas ! Ils attirent l’intérêt autant que la peur et c’est sans doute pourquoi les gens du cirque ont été taxés de marginaux.
Cette liberté s’exprime dans leur art, qui cherche à s’affranchir des contraintes, repousser les limites et transgresser les lois, qu’il s’agisse des acrobates défiant les lois de la pesanteur, du clown transgressant les règles de « bonne conduite », des dresseurs défiant l’instinct animal... La liberté est une condition de l’agilité et un article publié dans Mc Kinsey Quaterly 2006 number 2 intitulé the adaptative corporation, montre avec plusieurs exemples la corrélation entre le degré de liberté existant dans une entreprise et sa capacité à s’adapter à des changements. Malheureusement la capacité d’adaptation, l’agilité, est pratiquement toujours – et on le comprend aisément - inversement proportionnelle à la taille et donc au niveau de complexité de l’organisation. Dans une organisation, le niveau de contrainte croît presque inévitablement avec la complexité. Une entreprise agile est une entreprise capable de cultiver la liberté d’expression des individus, qui favorise l’expression individuelle des talents. L’idée de diversité va en se sens et elle suppose une grande tolérance à la différence, une résistance à la tendance à l’uniformisation. Il est clair que la perfection n’est pas de ce monde et que, dans un système complexe, la liberté individuelle et un leurre et doit être intégrée dans une logique d’interdépendance. L’enjeu est avant tout d’arriver à libérer le maximum d’énergie dans un univers – quoi que l’on fasse – contraignant.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire